Lundi soir, pour la première fois de ma vie, j'ai tourné de l'oeil. Je ne me souviens plus vraiment de ce qui s'est passé. Mis à part le fait que je venais de dégueuler une somptueuse crise de boulimie. Mon coeur battait à tout allure. Je me suis assise au salon & plus rien. Le trou noir. Ma petite soeur m'a entendue tombé & a appelé ma mère. Lorsque j'ai repris connaissance il paraitrait que je ne les ai même pas reconnu. Avant même que je puisses dire quoique ce soit. Direction l'hôpital. J'ai du y rester jusqu'à vendredi. Cinq journées interminables à voir défiler médecins, psychiatre, infirmière & compagnie. Cinq journées interminables à devoir manger des plateaux repas où même les légumes baignent dans la sauce. Cinq journées interminables à ressasser le passé. A me souvenir qu'il y a deux ans, jour pour jour, je me trouvais dans cette même chambre d'hôpital. Mais pour avoir tenté de mettre fin à mes jours. Peut être que si à l'époque, ils avaient pris au sérieux mes troubles alimentaires, je n'en serai pas là aujourd'hui. Peut être que si à l'époque, ils m'avaient proposé un suivi médical adapté au lieu de vouloir m'expédier en hôpital psychiatrique, je serai guérie aujourd'hui. Non, ils avaient préféré ignorer le problème de fond & se focaliser sur ma TS. C'est vrai quoi, mes TCA ne devaient pas être si grave que ça puisque je pesais cinquante sept monstrueux kilos. Ah ah. Oui, je jubile. Je ris à gorge déployée en pensant au corps médical qui maintenant se mord les doigts. Ils ont laissé se développer le monstre qui me ronge depuis tellement de temps. Maintenant, c'est trop tard. Je suis irrécupérable. J'ai quand même "réussi" à faire deux crises durant mon séjour à l'hôpital. Ne me demandez pas comment, une boulimique parviendra toujours à se procurer sa came. Quitte à prendre des risques insensés.
Rdv le premier juillet chez un psychiatre spécialisé dans les TCA. Affaire à suivre...